E. du Perron
aan
Evelyn Blackett

Oxford, 6 november 1929

Mercredi matin.

 

Dear -

Vous m'avez fait passer une soirée affreuse; je vous ai écrit une assez longue lettre, que je n'enverrai pas: d'abord, parce que ce n'est pas cela ce que j'ai à vous dire, et ensuite parce que c'est trop bête de s'écrire encore quand on peut se parler.

Pourquoi tout ceci? Ai-je donc été si faux ou m'avez-vous si peu compris? - Comprenez du moins que ce n'est pas bien de me laisser partir sans me revoir, que ce n'est même pas ‘franc jeu’, si vous tenez tant à cela. Laissez-moi m'expliquer; votre examen ne sera pas compris par cette dernière rencontre! - et je vous aurai vu trois fois. Est-ce trop? Vous avez été toute différente la 1ere et la 2de fois, laissez-moi vous dire ce que j'ai encore à vous dire - ayez confiance en moi; ce sera mieux pour nous deux, et vous me devez cela, ne fût-ce que par simple amitié.

Je partirai toute à l'heure, cet après-midi, ce soir, peu importe. J'ai renoncé à ma chambre et ma valise est en bas. A Dover je trouverai bien, ce soir, un ‘bateau de nuit’. (Je ne sais pas encore où j'irai.) - Vous ne pensez pas de moi que je voudrais vous ‘poursuivre’, n'est-ce pas, dear? Laissez-moi seulement vous voir, et vous parler une dernière fois. C'est si simple, voyons!

Je pense que, cette fois-ci, vous comprenderez facilement. I need you. Come

Votre

E.

 

Origineel: Den Haag, Letterkundig Museum

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